===== Vie Intime Sexualité Approche EHPAD ESSMS ===== [[management:ia_wiki:airelles_table_dorientation|Airelles Table d’orientation Stevenson]] 😺 ChatGPT 5 + Corpus Stevenson Juin 2025 EHPAD : (É**tablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes** ESSMS : **Établissement ou service social ou médico-social**. adultes et des enfants handicapés Veuillez consulter aussi :[[vie_intime_sexualite_legislation_ehpad_esmss|Vie Intime Sexualité Législation EHPAD ESSMS]] ==== En droit français ==== un EHPAD ne peut pas interdire de manière générale et absolue des relations sexuelles entre adultes consentants dans la chambre d’un résident, dès lors que : * les personnes sont capables de consentir ; * il n’existe pas de situation de contrainte, d’abus ou de vulnérabilité exploitée ; * les pratiques ne troublent pas le fonctionnement collectif de l’établissement ni la sécurité des personnes. Le principe juridique central est celui du respect : * de la vie privée ; * de l’intimité ; * de la liberté individuelle ; * de la dignité. Ces principes sont protégés notamment par : * le Code de l’action sociale et des familles ; * la Charte des droits et libertés de la personne accueillie ; * la jurisprudence relative au respect de la vie privée en institution. La chambre d’un résident est généralement considérée comme un espace privatif, même au sein d’un établissement médico-social. ==== Ce que l’EHPAD peut néanmoins faire ==== === 1. Vérification du consentement === La question devient délicate lorsque l’un des résidents présente : * une maladie neurocognitive ; * une désorientation ; * une altération du jugement ; * une vulnérabilité psychique importante. L’EHPAD a alors une obligation de protection. La difficulté éthique et juridique porte sur : * la capacité à consentir ; * la stabilité du consentement ; * l’absence d’emprise ou de manipulation. Dans ce cas, l’établissement peut : * évaluer la situation avec l’équipe soignante ; * solliciter le médecin coordonnateur ; * associer éventuellement la famille ou le tuteur (sans que ceux-ci disposent automatiquement d’un droit d’interdiction de la sexualité) ; * mettre en place une réflexion éthique collégiale. Mais il ne peut pas présumer automatiquement qu’une personne âgée ou atteinte de troubles cognitifs est incapable de consentir. === 2. Protection contre les abus === L’établissement doit empêcher : * agressions sexuelles ; * harcèlement ; * comportements imposés ; * relations sous contrainte psychologique ; * exploitation d’une personne vulnérable. L’absence de réaction engagerait sa responsabilité. === 3. Respect de la collectivité === L’EHPAD peut encadrer : * les comportements exhibitionnistes ; * les actes imposés à la vue d’autrui ; * les nuisances ; * les situations créant un trouble grave pour les autres résidents. Mais cet encadrement doit être proportionné. Une interdiction générale de la sexualité serait juridiquement fragile. === Lecture selon le Modèle de Stevenson === Dans le « Modèle de Stevenson », la sexualité ne relève pas uniquement du besoin biologique ; elle traverse plusieurs besoins fondamentaux : * Mobilité ; * Adaptation à l’environnement ; * Nutrition ; * Hygiène ; * Sécurité ; * Affection ; * Échange ; * Réflexion ; * Reconnaissance ; * Cohérence. La sexualité participe particulièrement : * au besoin d’Reconnaissance ; * au besoin d’Affection ; * au maintien de l’identité personnelle ; * au sentiment d’exister encore comme sujet désirant. Dans de nombreux EHPAD, la difficulté provient du conflit entre : * la logique de sécurité institutionnelle ; * et la reconnaissance de la subjectivité intime des résidents. Une approche exclusivement sécuritaire peut produire : * infantilisation ; * dépersonnalisation ; * atteinte à la dignité ; * réduction du résident à son statut de patient dépendant. === Perspective philosophique === Chez Georg Wilhelm Friedrich Hegel, la reconnaissance constitue une condition de l’existence subjective : être reconnu comme sujet libre implique aussi la reconnaissance de la vie affective et désirante. Chez Baruch Spinoza, le désir est une expression du conatus, c’est-à-dire de l’effort de persévérer dans son être. Supprimer toute possibilité relationnelle ou affective peut diminuer la puissance d’agir et favoriser des affects tristes. === En pratique === Les établissements les plus bientraitants mettent généralement en place : * des chartes de l’intimité ; * des protocoles d’évaluation du consentement ; * des espaces de médiation avec les familles ; * une formation des soignants sur la vie affective et sexuelle des personnes âgées ; * une approche éthique collégiale plutôt qu’interdictive. Les recommandations actuelles de la Haute Autorité de Santé vont globalement dans le sens d’un respect accru de la vie intime des résidents.